Économie

Le rachat de SFR, premier pas vers une concentration du marché européen des télécoms

Le rachat de SFR, premier pas vers une concentration du marché européen des télécoms

La perspective d’un rachat de SFR suivi d’un démantèlement de ses activités n’agite pas que le microcosme français des télécoms. En Europe, c’est tout un secteur qui a les yeux rivés sur cette fusion à plus de 20 milliards d’euros, qui permettrait à la France de revenir à trois opérateurs. Si cette opération hors norme, officialisée samedi 6 juin, obtient les feux verts réglementaires indispensables, elle pourrait ouvrir la voie à une vague de mariages sur le continent, que les acteurs appellent de leurs vœux pour augmenter leurs profits.

Or, jusqu’à présent, ce rêve a été torpillé par les autorités de la concurrence. Celles-ci ont retoqué de nombreux projets de concentration ces dernières années, de peur que les consommateurs ne pâtissent d’une flambée des prix des abonnements. Mais cette doctrine, que Bruxelles a scrupuleusement appliquée depuis la libéralisation du secteur dans les années 1990, est aujourd’hui remise en cause.

La Commission européenne entend désormais favoriser les fusions qui « peuvent aider les entreprises à atteindre une taille critique, indispensable pour être compétitives dans certains secteurs », a-t-elle souligné le 30 avril, dans son projet de modification du contrôle des concentrations. « Le vent est en train de tourner, observe Jean-Luc Lemmens, le président du cabinet de conseil Idate. La logique d’une construction de champions européens prend progressivement le pas sur le “tout pour la concurrence”. »

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