Actualités principales

Le repas à 1 euro pour tous les étudiants menace l’équilibre financier des Crous, selon un rapport parlementaire

Le repas à 1 euro pour tous les étudiants menace l’équilibre financier des Crous, selon un rapport parlementaire

La généralisation du repas à 1 euro pour tous les étudiants depuis le 1ᵉʳ mai 2026 « met en danger le modèle économique des [Centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires, Crous] », alerte jeudi 2 juillet un rapport parlementaire qui plaide plutôt pour une réforme des bourses pour améliorer la situation des plus précaires.

« Sur le plan budgétaire, la généralisation du repas à 1 euro est un choix contestable », a estimé devant la commission des finances de l’Assemblée nationale le rapporteur spécial sur l’enseignement supérieur Charles Sitzenstuhl, auteur de ce rapport, dévoilé par Les Echos et consulté par l’Agence France-Presse (AFP).

« L’activité de restauration des Crous est structurellement déficitaire », a rappelé M. Sitzenstuhl, député (Renaissance) du Bas-Rhin, le coût de production d’un repas étant estimé en moyenne à 7,89 euros en 2025. L’équilibre économique des restaurants universitaires dépend ainsi largement des subventions de l’Etat.

Mis en place pour tous les étudiants pendant la crise sanitaire du Covid-19, le repas à 1 euro (contre 3,30 euros normalement) avait par la suite été réservé aux boursiers et aux plus précaires.

Son extension à l’ensemble des étudiants a été adoptée dans le cadre du budget 2026, après un accord entre le gouvernement et les députés socialistes, pour un coût estimé à 90 millions d’euros par an. Le financement est insuffisant, pointe le rapporteur spécial : les besoins réels sont évalués entre 61 et 89 millions d’euros dès 2026 – soit davantage que la dotation initiale de 59 millions d’euros –, puis à 116 millions d’euros en année pleine.

Risques de saturation et de dilution de l’aide

Sur le plan opérationnel, le document évoque le risque d’une saturation de certains restaurants universitaires et d’entraîner « mécaniquement une dilution de l’aide pour les plus précaires », sans compter les tensions sur les personnels.

Le réseau national (Cnous) anticipe une augmentation de 12 % du nombre de repas servis aux étudiants non boursiers en 2026, et de 10 % en 2027. « La généralisation du repas à l’euro ne règle en rien les problèmes au fond (…). C’est une réponse de surface », a fustigé M. Sitzenstuhl.

L’élu plaide plutôt pour une réforme structurelle des bourses, annoncée de longue date par l’exécutif, qu’il juge « plus puissante et plus équitable » pour soutenir les étudiants les plus modestes. « Le gouvernement se tient prêt à adapter le dispositif si nécessaire. On met cette mesure en œuvre depuis le mois de mai, et on fera le nécessaire pour que les choses se passent bien », a de son côté affirmé auprès de l’AFP le ministère de l’enseignement supérieur.

Vous avez peut-être manqué