Le sanctuaire de Lourdes accueille une mosaïque pour « recoller les morceaux » des victimes de violences sexuelles commises au sein de l’Eglise
Tandis que la foule des pèlerins se presse devant la grotte des Apparitions pour écouter le chapelet, mardi 30 juin à Lourdes (Hautes-Pyrénées), une tout autre communion se joue sur la rive opposée du gave de Pau. Là, dans un recueillement intime, une petite assemblée assiste à un moment suspendu, qui renvoie les croyants et les autres à la face sombre du message d’amour, celle des violences sexuelles au sein même de l’Eglise catholique.
Sous leurs yeux s’ajuste le dernier fragment d’une mosaïque monumentale de 50 mètres carrés, symbole des souffrances des victimes de violences de toutes sortes commises par des clercs. Intitulée La Symphonie des tesselles, elle devrait être dévoilée dans sa totalité en septembre à Paris, à l’occasion de la venue en France du pape Léon XIV, avant d’être décomposée en 200 morceaux déposés dans différents lieux de culte dans le monde.
Lancé en avril 2025 par sœur Samuelle, religieuse ermite basée dans l’Aube, et le cinéaste Quentin Delcourt, ce projet fou doublé d’un documentaire en cours de réalisation porte une mission de reconstruction collective et personnelle à la fois. « La mosaïque, c’est littéralement l’art de recoller les morceaux, c’est une manière de reprendre son souffle », résume sœur Samuelle. Pendant un an, ce petit bout de femme au regard déterminé a composé cette fresque grâce à 2 500 petits fragments du monde entier, envoyés par des victimes, des religieux, des avocats et des aidants. Au dos de chaque éclat, chacun a gravé une phrase intime, un élan poétique ou un secret libéré – « le cœur battant de la mosaïque », décrit sœur Samuelle.
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