Le statut d’autonomie de la Corse en bonne voie pour passer l’obstacle de l’Assemblée nationale
« Pour l’instant, les choses se présentent bien, on n’osait espérer un tel consensus » : dans l’entourage de Gilles Simeoni, l’homme fort de la Corse, ancien président du conseil exécutif de Corse et père du projet de loi constitutionnelle portant sur l’autonomie de l’île, on ne cache pas sa satisfaction à l’issue des trois jours de débats de la semaine du 15 juin à l’Assemblée nationale, qui doivent déboucher sur un vote solennel, mardi 23 juin. Sauf surprise, le vote du texte, qui se compose d’un seul article, devrait se dérouler sans encombre. La principale question qui demeure est la suivante : fera-t-il l’objet d’une large majorité ou passera-t-il in extremis, à la faveur de l’abstention ou de l’opposition de plusieurs groupes parlementaires, dont La France insoumise (LFI) et le Rassemblement national (RN) ?
Ouverte mardi 16 juin, la séance plénière consacrée au second projet de loi constitutionnelle des deux quinquennats d’Emmanuel Macron − après l’inscription du droit à l’IVG dans la Constitution − n’a duré que trois jours au lieu des quatre prévus à l’agenda de l’Assemblée. La preuve d’un relatif consensus sur une question théoriquement inflammable : la reconnaissance d’un statut d’autonomie à une région appartenant au territoire métropolitain et dont le rattachement tardif (1768) à la France n’est pas le fruit d’une conquête violente ou de la colonisation, impliquant ainsi une brèche dans le traditionnel jacobinisme français, qui traverse tous les courants politiques, de la gauche radicale à l’extrême droite.
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