La CFDT a d’ores et déjà les yeux tournés vers la présidentielle de 2027. Sa secrétaire générale, Marylise Léon, a évoqué cette échéance avec gravité, lundi 22 juin, lors de l’ouverture du 51e congrès de la confédération, qui se tient pendant cinq jours au Parc des expositions de Bordeaux. La période des « dix mois » à venir « sera lourde », a-t-elle prédit face aux quelque 1 620 délégués de la famille cédétiste, en se préparant à une compétition électorale « dans un pays fracturé », avec une extrême droite qui « prospère ». Dès lors, la dirigeante du premier syndicat français et son équipe veulent tirer parti de ces assises pour renforcer leur organisation et compléter son cahier revendicatif.
Propulsée à la tête de la centrale il y a trois ans, Mme Léon est assurée d’être reconduite à son poste, aucun autre candidat n’étant en lice. Mais l’absence de suspense pour ce deuxième mandat ne signifie pas que le congrès de Bordeaux est dépourvu d’enjeux. La CFDT a beau trôner sur la plus haute marche du podium aux élections professionnelles et afficher un nombre d’adhérents en hausse – à près de 642 000 – depuis la mobilisation contre la réforme des retraites, elle évolue dans un écosystème fragilisé.
La syndicalisation est faible en France, avec une proportion de salariés encartés se situant autour de 10 % en 2019 (7,8 % si on ne raisonne que sur le secteur privé). Les organisations de travailleurs s’estiment malmenées, voire attaquées, par « une partie de la classe politique qui tape contre [elles] », comme l’a souligné, lundi après-midi, Mme Léon. Pour ne rien arranger, la « fatigue militante », déjà diagnostiquée lors du précédent congrès à Lyon en 2022, continue de régner parmi les troupes : les « ordonnances Macron » de septembre 2017, qui ont compliqué la tâche des élus du personnel dans les entreprises, ne sont toujours pas digérées.
Opposition viscérale au RN
Dans ce contexte, la CFDT cherche à se muscler en partant de l’idée qu’il faut accorder davantage de moyens non pas au sommet de la pyramide mais à sa base : les syndicats. C’est grâce à eux, espèrent Mme Léon et sa garde rapprochée, que la maison cédétiste pourra se développer, parce qu’ils sont au contact des travailleurs et en capacité de les enrôler. La direction de la confédération va donc proposer aux délégués réunis à Bordeaux une hausse de deux dixièmes de points du taux de la cotisation réclamée aux adhérents (pour le passer de 0,75 % à 0,95 % du salaire). Les composantes cédétistes au plus près du terrain se verraient allouer une part accrue de la ressource collectée.
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