Pour l’Etat français, c’était une opération financière de routine. Jeudi 4 juin, afin de financer le déficit budgétaire, l’Agence France Trésor a émis une série de nouvelles dettes sur les marchés, dont une obligation de 9,2 milliards d’euros, avec un remboursement dans dix ans, en 2036. Les prêteurs étaient au rendez-vous, sans difficulté, mais pas à n’importe quel prix : ils ont demandé un taux d’intérêt de 3,8 %. Il s’agit du niveau le plus élevé depuis 2009, il y a dix-sept ans.
« Ça commence à faire mal, souligne Frederik Ducrozet, chargé de la recherche économique à Pictet Wealth Management, une banque privée. Mais ce n’est pas que la faute de la France et de son déficit. La tendance est mondiale. »
Partout à travers les pays industrialisés, les taux d’intérêt s’envolent, retrouvant des niveaux inconnus depuis plusieurs décennies. Aux Etats-Unis, les obligations à trente ans ont frôlé, le 19 mai, 5,2 % pour la première fois depuis 2007. Au Royaume-Uni, elles ont atteint 5,8 %, une première depuis 1998. Et au Japon, à 4 %, c’est tout simplement un jamais-vu historique.
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