Politique

Les agents des finances publiques ont le moral en berne, malgré quelques signes d’amélioration

Les agents des finances publiques ont le moral en berne, malgré quelques signes d’amélioration

La série noire se poursuit au fisc. Depuis début 2026, trois agents de la direction générale des finances publiques (DGFiP) se sont donné la mort. Quatorze autres ont tenté de le faire. Aucun de ces drames ne s’est produit sur le lieu de travail. En 2025, 19 suicides et 21 tentatives avaient déjà été recensés, soit près du double des chiffres enregistrés en 2024.

Si les causes de ces passages à l’acte sont souvent complexes à identifier et peuvent relever de facteurs personnels, la dimension professionnelle ne doit pas être négligée, estiment les organisations syndicales. Pour Solidaires-Finances publiques, le premier syndicat du fisc, la succession de ces faits constitue « la partie émergée de l’iceberg de la souffrance au travail » et témoigne « que tout ne va pas bien à la DGFiP ».

Les représentants du personnel voient d’ailleurs une confirmation de ce malaise dans les résultats de l’édition 2026 de l’observatoire interne de la DGFiP qui viennent de leur être transmis et que Le Monde s’est procurée. Réalisée chaque année afin d’évaluer la perception des agents concernant leurs conditions de travail, cette enquête a recueilli les réponses de 51 785 agents de la DGFiP, soit 55 % des effectifs de la direction. Comme souvent avec ce type de baromètre social, les enseignements tirés donnent lieu à des lectures diamétralement opposées entre administration et syndicats.

La direction générale des finances publiques met ainsi en avant « plusieurs signes encourageants » et notamment la « progression » des indicateurs liés à l’engagement, à la satisfaction d’exercer ses missions, à la motivation et au sentiment de reconnaissance au travail. « Une majorité d’agents se déclarent satisfaits du contenu de leur travail (70 %), de l’ambiance au travail (72 %), de l’équilibre vie professionnelle/vie personnelle (72 %) et des conditions matérielles de travail (74 %) », abonde-t-elle. Pour Solidaires-Finances publiques, en revanche, « derrière les éléments de langage et les communications rassurantes », les résultats « dressent un constat sans appel » : « Les agents continuent de payer le prix des restructurations permanentes, des suppressions d’emplois et de l’obsession budgétaire. »

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