Lunettes noires pour nuits blanches. La ministre de la transition écologique, Monique Barbut, dort peu depuis quelques jours. Avec la discussion au Sénat du projet de loi d’urgence agricole, « le pire a commencé », lâche-t-elle. Amendement après amendement, l’ancienne présidente du Fonds mondial pour la nature (WWF) en France a vu ces derniers jours, impuissante, les sénateurs de la droite et du centre mettre à bas des pans entiers du droit de l’environnement.
« Alors qu’on parle d’adaptation au changement climatique, on condamne la moitié des zones humides, qui sont de vrais châteaux d’eau et qui alimentent nos rivières », se désole-t-elle, atteinte par le détricotage de la politique de l’eau. Dans la nuit du mercredi 1er au jeudi 2 juillet, les nerfs ont lâché : accusée d’avoir menti, la ministre, peu familière du débat parlementaire, s’est emportée dans l’Hémicycle, avant de s’excuser. « N’importe quel ministre de l’écologie serait aussi démuni qu’elle face à l’offensive de la droite, qui est d’une violence inouïe », justifie le sénateur écologiste de la Loire-Atlantique Ronan Dantec.
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