Les poubelles de la colère : de la Haute-Gironde à la Haute-Vienne, l’arrêt du ramassage des ordures à domicile suscite souvent l’indignation
Sur Facebook, les photos de pyramides de poubelles aux pieds de conteneurs s’amoncellent, et avec elles, les colères. Sylvain Guinaudie soupire. Non, l’ancien président du syndicat intercommunal chargé de la gestion des déchets en Haute-Gironde ne s’est pas « amusé » à supprimer le ramassage des poubelles à domicile ni à demander aux usagers de les apporter eux-mêmes à des conteneurs « pour emmerder le monde ». C’est, défend-il, que ce système dit de points d’apports volontaires est réputé le plus efficace pour réduire à la fois la quantité de déchets, les coûts pour la collectivité et, in fine, la fiscalité des habitants.
Des impératifs environnementaux et budgétaires auxquels sont confrontées de nombreuses collectivités, tandis que la France fait toujours figure de mauvais élève européen dans la gestion de ses déchets – la loi antigaspillage AGEC de 2020 vise moins 15 % de déchets ménagers et assimilés en 2030 par rapport à 2010, soit 501 kilos par habitant.
Plusieurs options s’offrent alors aux intercommunalités – dont les déchets relèvent – en matière de collecte : ou rester en porte à porte mais réduire la fréquence de ramassage – la plus courante –, ou passer en apport volontaire sur tout ou partie du territoire, ou bien coupler les deux. Certaines agissent sur la tarification, en remplaçant la taxe d’enlèvement des ordures ménagères – basée sur la valeur locative du logement et encore majoritairement appliquée – par une redevance suivant le principe pollueur-payeur : chaque foyer paye en fonction du volume produit.
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