Les tests antidrogue imposés par Sébastien Lecornu aux ministres, hauts fonctionnaires et conseillers divisent
La scène, diffusée jeudi 18 juin sur France Info, résume à elle seule l’embarras provoqué après l’annonce, par Matignon, d’une vaste campagne de dépistages de stupéfiants aux sommets de l’Etat. « Avez-vous effectué votre test ? », a demandé la présentatrice à Anne Le Hénanff, la ministre déléguée chargée de l’intelligence artificielle et du numérique. « Pas encore, il me semble que c’est pour les collaborateurs de cabinet », lui a-t-elle répondu. « Pour les ministres aussi », a immédiatement rectifié la journaliste avant que la ministre n’assure qu’elle allait se conformer à la circulaire du 16 juin du premier ministre, Sébastien Lecornu, qui a fuité, le lendemain, dans Politico.
C’est en effet un cercle très large de responsables qui devront se soumettre aux tests salivaires décidés par le chef du gouvernement : les ministres donc, les membres de leurs cabinets, les directeurs d’administration, les préfets, les ambassadeurs, les recteurs ou, plus globalement, les agents ayant accès à des « informations sensibles » ou ceux porteurs d’une « habilitation ».
Si Matignon assume sa volonté de briser le tabou de la drogue dans les mondes politique et administratif, l’exécutif n’avait pourtant pas prévu d’ouvrir prématurément ce sujet sensible. Les dépistages devaient être initialement annoncés dans le cadre du nouveau plan de lutte contre le narcotrafic que le premier ministre devait présenter le 4 juin. La présentation a finalement été reportée en raison de l’affaire Lyhanna. La circulaire a depuis pris de court les sommets de l’Etat, où elle continue de susciter des remous.
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