C’est un nombre, parmi beaucoup d’autres, dans la grande projection démographique, à l’horizon 2070, réalisée par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), publiée lundi 8 juin. Mais c’est un nombre, plus que d’autres, qui constitue une matière politiquement inflammable. Les projections de l’Insee tablent sur un solde migratoire positif (le nombre d’entrées moins le nombre de sorties) de 150 000 personnes par an. Un scénario, tempère l’Insee, à plus ou moins 80 000 personnes, tant la prévision, en la matière, dépend de multiples paramètres.
Le raisonnement est le suivant. Selon l’hypothèse principale de cette étude, la population française devrait décroître à partir de 2037. Face à cette tendance, liée au recul de la fécondité et au vieillissement de la population, l’immigration apparaît incontournable, même si elle ne suffit pas à contrecarrer le déclin. Pour les opposants à l’immigration, c’est cependant la promesse d’un flux dangereux. Pour la plupart des acteurs économiques, qui ont besoin de bras et de cerveaux, c’est à l’inverse du bon sens. Pour les démographes, enfin, c’est le scénario le plus probable, mais en aucun cas une certitude : les politiques publiques, ou des bouleversements géopolitiques, peuvent changer la donne.
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