Il ne dévoilera aucun nom. Du moins, pas aujourd’hui. « Je n’exclus cependant pas de les révéler si ces pratiques persistent », prévient Lionel Collet. Le président de la Haute Autorité de santé (HAS) n’est pas coutumier des coups de colère. Mais, face à l’intensification des tentatives d’influence exercées par certains laboratoires pharmaceutiques à l’encontre de son institution, le patron de l’agence publique indépendante chargée d’évaluer les produits de santé voit rouge.
Car, depuis un an et demi, les pressions de certaines entreprises du médicament, qui lui soumettent leurs dossiers en vue d’obtenir un éventuel remboursement de leurs traitements par l’Assurance-maladie, s’accroissent dans « des proportions jamais vues jusqu’à présent, avec une accélération très nette depuis la fin de l’année 2025 », souligne Lionel Collet, qui dénonce des « procédés inacceptables » de la part de certains laboratoires, plusieurs d’entre eux flirtant dangereusement avec les limites de la légalité.
Comme cet industriel qui, en 2025, « a contacté les membres de la commission de la transparence en amont de l’audition prévue » par le biais d’un délégué médical, pour leur parler des produits du laboratoire, et accessoirement du produit dont ils devaient prochainement étudier le dossier, raconte M. Collet. « Là, nous avons réagi avec force. J’ai réglé cela directement avec le patron du laboratoire en lui indiquant que cela ne devait absolument plus se reproduire. Un laboratoire n’a pas à prendre contact avec les membres de la commission ! », poursuit-il.
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