L’UDR d’Eric Ciotti, laboratoire ultralibéral du RN au poids croissant
Et si l’extrême droite faisait, ce jeudi 25 juin, adopter une proposition de loi avec le soutien d’un gouvernement macroniste ? L’hypothèse ne relève plus de la fiction : à l’occasion de sa niche parlementaire, l’Union des droites pour la République (UDR), parti allié du Rassemblement national (RN), pourrait faire adopter à l’Assemblée nationale un texte visant à interdire aux étrangers en situation irrégulière de se marier en France.
Le ministre de la justice, Gérald Darmanin, défendra la proposition de loi portée par le député UDR de Saône-et-Loire Eric Michoux, qui fait consensus à droite et a déjà été adoptée au Sénat. Jusqu’à présent, le gouvernement s’est toujours refusé par principe à soutenir les textes portés par le RN, y compris aux moyens de contorsions spectaculaires lorsqu’il s’agissait de propositions déjà défendues par le camp présidentiel.
Créé dans la précipitation il y a deux ans, après le ralliement d’Eric Ciotti au RN, l’UDR tient une première revanche : le parti commence à jouer son rôle de sas entre la droite et l’extrême droite, rapprochant le RN de cercles de pouvoir dont il a toujours été tenu en marge. Proche des lobbys antifiscaux Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques (Ifrap) et Contribuables associés, l’UDR crée aussi un pilier libéral au sein d’une éventuelle coalition ; il est perçu comme un aiguillon et un chaperon de Jordan Bardella par certains milieux d’affaires, décrypte un familier de cet univers.
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