Culture

« Ma famille chérie » : Isild Le Besco brosse un tableau électrisé des relations filiales, fraternelles et sororales

« Ma famille chérie » : Isild Le Besco brosse un tableau électrisé des relations filiales, fraternelles et sororales

L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR

L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR

Dans la famille Le Besco – mère franco-algérienne, elle-même actrice, père breton aux origines vietnamiennes –, le mot « famille » fournit une pelote, complexe, douloureuse, jamais apaisée, à infiniment démêler. Le public connaît bien la fille aînée, l’actrice et réalisatrice Maïwenn, qui débuta comme autrice en tirant ce fil tant sur les planches (Le Pois chiche, 2001) qu’au cinéma (Pardonnez-moi, 2006). Ayant renoncé à son nom de famille, elle évoqua à plusieurs reprises la maltraitance dont elle fut victime de la part de ses parents.

Sa sœur cadette, Isild Le Besco, 43 ans aujourd’hui, a un itinéraire artistique plus contrasté et plus expérimental. Actrice engagée très jeune dans le cinéma d’auteur français – notamment aux côtés de Benoît Jacquot (Sade, 2000), Cédric Kahn (Roberto Succo, 2001) ou Emmanuelle Bercot (Backstage, 2005) –, elle le traverse avec un charme fragile, sauvage, inconstant.

Parallèlement, elle égrène comme réalisatrice une poignée de longs-métrages singuliers et forts – Demi-tarif (2004), Charly (2007), Bas Fonds (2010), La Belle Occasion (2017) –, qui sont autant de chambres d’écho d’un être au monde blessé, en proie aux souvenirs d’une enfance confrontée à une part insupportable d’abandon et de violence. Un livre – Dire vrai (Denoël, 2024) – revient sur le motif, ajoutant à cette souffrance celle de la toute jeune actrice, encore mineure, qu’elle fut à l’époque de son compagnonnage artistique et intime avec Benoît Jacquot, et qui se déclare aujourd’hui victime de l’emprise de ce dernier. Quelle catharsis expurgera jamais cette souffrance ?

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