Politique

Macron laisse les outre-mer dans l’attente après sa déclaration sur les réparations de l’esclavage

Macron laisse les outre-mer dans l’attente après sa déclaration sur les réparations de l’esclavage

Le sujet des réparations de l’esclavage dans les territoires français d’outre-mer est-il ouvert ? Dans son discours prononcé jeudi 21 mai à l’Elysée pour les 25 ans de la loi Taubira reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité, le président Emmanuel Macron a légitimé, au nom de la République, le débat sur les réparations dues aux anciennes colonies en général. Levant officiellement ce tabou, tout en indiquant que sa propre réflexion restait « inachevée », il a fixé un cadre : parce qu’on ne peut effacer les traces d’un tel crime, « le parcours de reconnaissance et de réparations n’a pas de point final ». Ce travail, a-t-il ajouté, ne peut se mener ni dans « le déni » ni dans « le repli exclusif » communautaire. Mais l’heure n’est pas aux gestes concrets, et le président n’a pas consacré de chapitre spécifique aux outre-mer français dans son allocution.

Héritière de la loi Taubira, confortée par le chef de l’Etat dans ses propos, la Fondation pour la mémoire de l’esclavage a lancé un travail précieux sur le sujet des réparations. Son président, Jean-Marc Ayrault, appelle la France « à avancer des initiatives fortes sur ces chantiers ». Pour Raphaël Lapin, président du Mémorial ACTe, le centre caribéen de la mémoire de la traite et de l’esclavage, à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), « on ne saurait plus se payer que de mots. Le dialogue [autour des réparations] s’entame, on invite l’ensemble de la représentation publique française à être courageux et oser des actes inédits, en France et dans le monde ».

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