Ce samedi 17 octobre, depuis le « fin fond » de sa fromagerie dans la Creuse, Joël, 37 ans, a cru avoir enfin trouvé l’occasion de « se mettre en action », lui qui avait observé ces derniers temps ses collègues agriculteurs se mobiliser, puis les pompiers et jusqu’à ce mouvement lycéen, qui lui a rappelé cette révolution qu’il aurait voulu faire à leur âge. Il a enfilé sa cotte, ses bottes et ses colères, a laissé en plan sa comptabilité et a pris la route de Limoges pour rejoindre les collègues ayant sorti tracteurs, remorques et sono. « Est-ce que c’est utile ou pas, j’en sais rien, mais je me suis dit bon allez, on y va », raconte-t-il.
Son espoir de voir « tant de personnes de tous horizons » manifester dans un esprit de « colère joyeuse » a vite été douché : en marge du cortège, des individus « inarrêtables » se sont mis à vouloir forcer l’accès à l’autoroute, des voitures ont été incendiées tout comme la mairie de Limoges. « On leur disait d’arrêter, que ça discréditait la mobilisation… Ils n’écoutaient rien », regrette le fromager, l’impression de s’être fait « voler » ses revendications par les violences et leurs images qui tournent en boucle.
Des quelque 550 000 personnes descendues dans la rue – comme lui – le 17 octobre, combien seront-elles à y retourner ce samedi, au milieu des vacances scolaires, alors que trois organisations étudiantes (UNEF, Union étudiante, la Fage) mais aussi la CGT et une « Coordination des “gilets jaunes” » appellent à descendre de nouveau dans la rue ? La réponse n’est évidente pour personne.
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