Un « meeting-concert » de la gauche radicale européenne en soutien à la Palestine, prévu jeudi 18 juin à Strasbourg avec le rappeur Médine, aura finalement lieu dans une autre salle que celle prévue initialement, ont annoncé vendredi 12 juin les organisateurs, qui accusent la mairie socialiste d’avoir voulu empêcher cet événement.
« Malgré les tentatives de censure et les pressions exercées par la municipalité PS [Parti socialiste] de Catherine Trautmann, l’événement », en présence d’élus de La France insoumise (LFI) dont l’eurodéputée Rima Hassan et le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, « est maintenu » dans un autre lieu, et « sera suivi d’un concert du rappeur Médine », ont annoncé dans un communiqué le parti et le Collectif Palestine 67.
Cette manifestation, qui doit se dérouler pendant la session mensuelle du Parlement européen, vise à clore la campagne de la gauche radicale européenne – dont fait partie LFI – en faveur de la suspension de l’accord d’association Union européenne-Israël, a expliqué à l’Agence France-Presse (AFP) l’eurodéputée insoumise Manon Aubry. Cette campagne a réuni plus de 1,2 million de signatures.
Polémique en 2023
Une affiche annonçant l’événement, initialement prévu au Palais de la musique et des congrès de Strasbourg, et mettant en avant la figure de Médine, avait cependant provoqué la semaine dernière l’étonnement de Christophe Caillaud-Joos, directeur général de Strasbourg Events, la société qui gère la salle pour la mairie de Strasbourg. « Je m’attendais à une conférence sur le droit international. J’ai dit aux organisateurs : vous pouvez faire la conférence, mais pas le concert », avait raconté le directeur la semaine dernière à l’AFP.
Le premier adjoint à la maire de Strasbourg, Mathieu Cahn, cité par le quotidien régional Les Dernières nouvelles d’Alsace, avait également reproché aux organisateurs d’avoir usé auprès du Palais de la musique et des congrès de « tactiques » et de « termes flous » « pour annoncer le format de la manifestation ». Une version des faits contestée par Manon Aubry, qui assure avoir déposé en avril une demande de « réunion publique avec possibilité de concert gratuit à la fin ».
Médine a été au cœur d’une polémique en 2023 après un tweet qualifié d’antisémite qu’il a ensuite regretté, ou encore des prises de position jugées homophobes ou islamistes. Ce rappeur n’a cependant « jamais fait l’objet de la moindre condamnation », a souligné Mme Aubry.