Le passage à l’acte pédocriminel est un engrenage, au cours duquel l’agresseur laisse des traces. Un ensemble de signaux de moins en moins faibles que les adultes en capacité de protéger les enfants peinent encore à lire et à évaluer, puis à transformer en réponse pénale afin de circonscrire la dangerosité de l’auteur de violences.
Jérôme Barella, mis en cause pour le meurtre de Lyhanna, disparue le 29 mai et dont le corps a été retrouvé le 4 juin, a allumé de nombreux voyants administratifs et judiciaires sans être interrompu dans ce qui semble être, au regard des premiers éléments, une progression pédocriminelle. Il est encore trop tôt pour établir précisément combien de victimes il aurait attaquées avant d’enlever Lyhanna, mais des sources proches du dossier font circuler des chiffres supérieurs à ceux révélés à date par les médias français. Plusieurs viols et agressions sexuelles, commis sur plusieurs années, notamment au cours de soirées pyjamas à son domicile, sont en cours d’investigation par les services enquêteurs.
Dans quelles failles la violence sexuelle de l’intérimaire de 41 ans a-t-elle pu se déployer ? En attendant les rapports de l’inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) et de celle de la justice (IGJ) commandés par les ministres de l’intérieur et de la justice, Laurent Nuñez et Gérald Darmanin, qui doivent être rendus publics le 19 juin, Le Monde fait le point sur les informations consolidées, et les questions toujours en suspens sur le parcours criminel de Jérôme Barella.
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