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Meurtre d’une surveillante en Haute-Marne en 2025 : un adolescent de 15 ans condamné à dix-huit ans de prison

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Un adolescent de 15 ans a été condamné, jeudi 16 juillet, à dix-huit ans de réclusion criminelle pour le meurtre d’une surveillante de son collège l’an dernier en Haute-Marne – une affaire qui avait provoqué l’émoi dans tout le pays.

Cette peine de prison, qui a été applaudie dans la salle d’audience, est conforme à celle demandée par le ministère public. Du fait de son jeune âge, l’accusé était jugé à huis clos devant le tribunal pour enfants de Chaumont, et encourait vingt ans au maximum. Il a été placé en détention provisoire depuis sa mise en examen, il y a treize mois.

A l’inverse des réquisitions du ministère public, le tribunal a retenu l’altération du discernement de l’adolescent au moment des faits, estimant qu’il était atteint d’un « délire de persécution », selon la présidente.

Mais le tribunal a écarté la diminution de peine d’un tiers induite par l’altération du discernement, en raison de « l’extrême gravité des faits » et parce que l’accusé n’a présenté « aucune empathie, ni remords, ni regrets à l’égard des faits », a insisté la présidente.

Evoquant son « extrême dangerosité psychiatrique » entraînant un « risque extrême de récidive », le tribunal a assorti sa peine de réclusion criminelle d’un suivi socio-judiciaire de dix ans, avec une obligation de soins.

Le matin du 10 juin 2025, Mélanie, 31 ans, assistante d’éducation au collège Françoise-Dolto de Nogent, une commune de 3 500 habitants en Haute-Marne habituellement paisible, avait été tuée à coups de couteau devant l’établissement.

Les faits s’étaient déroulés devant de nombreux témoins, lors d’un contrôle inopiné des sacs des élèves par des gendarmes devant le collège, précisément destiné à détecter d’éventuelles armes blanches.

Le mis en cause, alors élève de 3e dans l’établissement, avait été maîtrisé sur place par un gendarme, blessant ce dernier à la main au moment de son interpellation. En garde à vue, il avait dit aux enquêteurs qu’il n’avait pas de « grief particulier » contre Mélanie, mais qu’il voulait s’en prendre à une surveillante, « n’importe laquelle ».

« En perte de repères quant à la valeur de la vie humaine »

Sans antécédent judiciaire jusque-là, l’adolescent aurait mûri son projet quelques jours avant les faits, après qu’une autre surveillante l’aurait « sermonné » alors qu’il embrassait sa petite amie au sein du collège, avait rapporté à l’époque le procureur de la République de Chaumont, Denis Devallois. Il « apparaît en perte de repères quant à la valeur de la vie humaine, à laquelle il ne semble pas attacher d’importance particulière », avait encore estimé M. Devallois.

S’inscrivant dans le contexte d’une série d’agressions au couteau en milieu scolaire, ce meurtre avait eu un très fort retentissement dans tout le pays, notamment dans les sphères politiques et éducatives.

Une cinquantaine de proches de la victime sont venus mercredi et jeudi à Chaumont en soutien à sa famille, portant des tee-shirts à l’effigie de Mélanie et installant des banderoles et des pancartes près du palais de justice. « La gravité des faits doit guider la justice, pas seulement » l’âge de l’accusé, pouvait-on lire sur l’une de ces pancartes. « Une vie volée, une famille brisée. Notre justice est notre combat », disait une autre de ces pancartes.

Les parents de l’accusé sont aussi présents à l’audience, assistés d’un avocat en leur qualité de représentants légaux. Leur responsabilité civile pourrait être engagée, notamment si leur fils était condamné à verser des dommages et intérêts aux parties civiles, a expliqué M. Devallois.

Les avocats des parties civiles n’ont pas souhaité s’exprimer pour l’instant. A l’issue de la première journée d’audience, mercredi, durant laquelle la personnalité de l’accusé a été notamment examinée, son avocat, Antoine Chateau, avait estimé que les débats étaient « de très belle qualité » et se déroulaient « de façon sereine ».