La journée que la France a connue samedi 17 octobre est inédite à double titre. Traditionnellement, à six mois d’une élection cruciale, le pays écoute les candidats, compare les programmes, voire participe au processus de sélection des compétiteurs au moyen d’une primaire. Mais dans un contexte anxiogène de crise climatique, d’envolée des prix du carburant et de conflits internationaux, l’addition des mécontentements a cette fois jeté dans la rue des centaines de milliers de Français inquiets ou en colère.
Un début de convergence des luttes, sans objectifs politiques communs, a pris corps samedi, réunissant notamment des « gilets jaunes », qui ont vu leurs conditions de vie se dégrader depuis le début de leur mobilisation en 2018, et des lycéens légitimement inquiets pour leur avenir, envers lesquels le gouvernement Lecornu n’a manifesté que peu d’empathie et de compréhension.
Mais l’événement qui restera ancré dans l’imaginaire collectif, c’est le déferlement de violences auquel la manifestation du 17 octobre a donné lieu : en parallèle des insupportables pillages qui ont dévasté de nombreux commerces s’est développée une violence politique, dirigée contre les symboles de la République et contre les représentants de l’autorité de l’Etat. Mairies et préfectures ont été visées et, parfois, incendiées. Samedi soir, les forces de l’ordre ont affronté des émeutiers à moins de 300 mètres de l’Elysée.
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