Mobilisation du 17 octobre : entre pillages, selfies et verres en terrasse, un lendemain de violence surréaliste à Paris
C’est comme si deux mondes s’entremêlaient en une soirée surréaliste. Un peu partout, au cœur de Paris, les cafés sont ouverts où l’on boit bières et spritz, dimanche 18 octobre au soir, mais il arrive que sur le même trottoir, de petits groupes s’engouffrent dans des magasins aux devantures brisées et en ressortent les bras chargés de bouteilles, des lunettes de soleil ou d’appareils électroménagers… Il y a des bandes qui courent pour semer les forces de l’ordre, des badauds qui se filment devant des cars de policiers. Une jeune femme blonde, drapeau français sur les épaules, fait des selfies devant un amoncellement de vélos brûlés pour son compte Instagram ; comme si la violence de ces derniers jours était le dernier avatar de la société du spectacle.
Au BHV, à deux pas de l’Hôtel de Ville, le vigile paraît désemparé. Tout à l’heure, une dizaine de personnes, baskets aux pieds et visages masqués, ont cassé l’une des vitrines, couru à travers les étals et raflé en un instant montres et bijoux. Les CRS, depuis, paraissent monter la garde sur le trottoir, devant des touristes inquiets face à une station de métro soudain condamnée.
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