A Lyon, la journée commence par des chants pleins de joie et d’humour, place de la Comédie, face à l’Hôtel de Ville. Les élèves d’une dizaine d’écoles d’art forment une chorale, entonnant le célèbre refrain des Misérables : « A la volonté du peuple ». Leur façon de soutenir et prolonger le mouvement des lycéens, en cette journée de mobilisation plus large du 17 octobre. Puis des défilés sillonnent la ville, sans parcours définis. L’un, en suivant joyeusement une fanfare, un autre plus sombre, sur les quais du Rhône.
Au niveau du site universitaire de la Manufacture des tabacs, des étudiantes en droit de la faculté catholique pensent rejoindre un défilé organisé. Mais des activistes aux visages masqués ont placé des barrières au carrefour du cour Gambetta et du boulevard des Tchécoslovaques. Résultats : grenades lacrymogènes et charges immédiates de CRS.
Les étudiantes font demi-tour, reprenant le métro avec leurs pancartes colorées sous le bras. « On est hyper déçues mais c’est trop violent », regrette Lina (prénom d’emprunt). Depuis le matin, les forces de l’ordre dispersent systématiquement toute velléité de trouble. « C’est violent, ça me choque, on doit partir alors que nous, nous voulons l’amélioration les conditions d’enseigner dans les lycées », déplore Estelle, 49 ans, mère venue avec ses deux filles adolescentes.
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