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Mouvement lycéen : les établissements professionnels, les invisibles au cœur de la mobilisation

Mouvement lycéen : les établissements professionnels, les invisibles au cœur de la mobilisation

Au sein de la mobilisation lycéenne, les élèves de la voie professionnelle sont ceux que l’on n’entend pas, ou si peu. Ces adolescents, qui représentent un tiers des lycéens français, sont pourtant bien présents sur les blocus et dans les manifestations. Selon le ministère de l’éducation nationale, 25 % des établissements qui se sont mobilisés depuis le début du mouvement, à la mi-septembre, sont des lycées professionnels, soit une proportion à peu près représentative de leur poids parmi l’ensemble.

Une implication que beaucoup jugent inhabituelle pour ces élèves plus précaires que leurs camarades de lycées généraux et technologiques, bien moins représentés au sein des syndicats. « On les entend moins que les élèves de lycées généraux, mais ils sont davantage présents dans ces mobilisations et moins invisibilisés qu’ils n’ont pu l’être par le passé », estime ainsi Axel Benoist, cosecrétaire général du Syndicat national unitaire de l’enseignement professionnel-Fédération syndicale unitaire (Snuep-FSU).

Ces lycéens partagent la plupart des revendications sur les conditions d’apprentissage – exception faite des classes surchargées, dont ils ne sont pas tous épargnés, mais qui sont minoritaires du fait des petits groupes nécessaires au travail en atelier.

« On est un peu méprisés »

Rencontré à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne), Alan (il n’a pas souhaité donner son nom), 16 ans, en 1re « métiers du froid et des énergies renouvelables », liste ces motifs de colère en comptant sur ses doigts : le « mauvais état » des bâtiments, les « machines défectueuses en atelier », la difficulté à trouver des stages pourtant indispensables à la validation de leur diplôme, ou encore les journées de cours trop chargées – et le « temps de rien ». Encore moins quand, comme c’est le cas de nombreux élèves de « voie pro » dont les spécialités ne se trouvent pas toujours à proximité, les lycéens sont affectés dans un établissement situé à plusieurs dizaines de kilomètres de chez eux. Ils partagent également l’expérience du manque de professeurs, dans ces filières où les pénuries au concours sont plus marquées qu’en voie générale et où 20 % des enseignants sont des contractuels.

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