Mobilisation étudiante : à Paris, des responsables d’université défilent pour réclamer une « action urgente » de l’Etat et le déblocage d’1 milliard d’euros
Une cinquantaine de responsables d’universités franciliennes ont défilé symboliquement, vendredi 6 novembre, dans Paris, du Sénat à Matignon, pour demander une « action urgente » en faveur des étudiants et des lycéens. Une quinzaine d’établissements étaient représentés au sein du collectif, parmi lesquels la Sorbonne, Assas, la Sorbonne-Nouvelle, Paris-Saclay et l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco).
« Il y a urgence pour 2027. Les cours sont perturbés ou annulés, les étudiants sont en fragilité, notamment les licences et les premières années, le personnel administratif est épuisé », a affirmé à l’Agence France-Presse Nathalie Drach-Temam, la présidente de Sorbonne Université qui a participé à cette marche.
Les participants ont défilé dans le calme et n’avaient pas demandé à être reçus par des membres du gouvernement ou des parlementaires. Leur objectif : « que l’Etat mobilise un milliard d’euros » pour la jeunesse et « déclenche un plan d’urgence en faveur de l’université dès maintenant et pour l’avenir ».
Faire de la précarité étudiante une priorité
Face au mouvement lycéen et étudiant, le gouvernement a promis le remplacement progressif de Parcoursup d’ici à 2028 et 15 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur. Ces « places supplémentaires pour 2027, c’est maintenant qu’on les installe », souligne Mme Drach-Temam, qui souhaite des réponses concrètes ainsi que des Etats généraux de la jeunesse, à cinq mois de la présidentielle.
Vendredi, le ministre de l’éducation nationale, Edouard Geffray, a, lui, promis des « sanctions » dans les lycées où l’accès aux salles était interdit dans le cadre du mouvement.
Réunis au sein de l’association France Universités, environ 80 présidents et présidentes d’université avaient signé, fin octobre, un manifeste plaidant pour faire de la précarité étudiante une priorité et pour lancer un plan de rénovation des campus. « Nous proposons un effort budgétaire supplémentaire d’1 milliard d’euros dès 2027, première étape d’une programmation pluriannuelle ambitieuse, prolongée à partir de 2028 par un grand plan d’investissement immobilier d’1 milliard d’euros par an », détaillaient-ils.