Deux jours avant de nouvelles mobilisations sociales prévues le samedi 31 octobre, le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, a présenté au cours d’un point presse le dispositif d’ordre public qui sera mis en œuvre. Il avait adressé la veille un message aux préfets afin de leur donner des instructions, les mettant en garde contre « un risque de violences urbaines très élevé ».
La coordination des gilets jaunes et des organisations syndicales de lycéens et étudiants ont appelé à une nouvelle journée de mobilisation sociale samedi, notamment contre « la vie chère », la date coïncidant avec la fête d’Halloween.
Le dispositif comprendra 70 000 policiers et gendarmes mobilisés. Afin de « renforcer les effectifs disponibles » pour « cette journée sensible », le ministre annonce avoir « validé les mesures de suspension des repos pour les policiers et gendarmes partout où cela était nécessaire afin de porter le taux de disponibilité à 75 % ». « C’est un dispositif exceptionnel, c’est le même volume que pour le 24 octobre », a-t-il expliqué, précisant que la BRI, le RAID, et le GIGN seront aussi mobilisés. « On ne tolérera aucun débordement », a-t-il prévenu. M. Nuñez a martelé, a de multiples reprises, que la réponse aux débordements sera d’une « extrême fermeté ».
Les préfets sont, selon le ministre, en discussion avec les organisateurs des manifestations. Ils prendront des décisions qui « autoriseront ces rassemblements de voie publique, mais pas dans les centres-villes où il y a des risques de troubles à l’ordre public ». Ils privilégieront plutôt « les zones périphériques ». Par ailleurs, les préfets « s’assureront que l’organisateur a un service d’ordre qui permet de faire face à d’éventuels débordements ».
En outre, pour cette journée, ont été repérés sur les réseaux sociaux « de nombreux appels à rassemblement, aux alentours de 20 heures, qui émanent de la mouvance d’ultragauche, de l’extrême gauche radicalisée, et de certains sites de gilets jaunes radicalisés », affirme M. Nuñez. Le ministre évoque certains messages qui « appellent à faire la révolution, à l’insurrection ».
« Ces rassemblements seront interdits. Et s’ils venaient néanmoins à se tenir, ils seront bien évidemment dispersés et le cas échéant, il y aura à des interpellations », précise le ministre, qui ajoute que ces rassemblements « ne sont pas exclusifs d’appels à commettre des pillages et des saccages ».