Chroniques de guerre

Ukraine : « L’Union européenne doit devenir le dépositaire des 210 milliards d’euros d’avoirs russes gelés en 2022 »

Ukraine : « L’Union européenne doit devenir le dépositaire des 210 milliards d’euros d’avoirs russes gelés en 2022 »

L’Ukraine s’apprête à affronter un hiver terrible, sa population étant désormais pratiquement sans défense face aux attaques aériennes russes. Elle doit également combler un déficit budgétaire de 70 milliards d’euros pour 2027.

Si de nouveaux financements ne sont pas trouvés, la capacité de Kyiv [les autrices tiennent à cette graphie pour parler de Kiev] à assurer sa défense en sera gravement compromise. L’Ukraine étant notre meilleur rempart contre la menace russe, une telle situation mettrait en péril la sécurité européenne tout entière. Et, bien que les contributions d’autres alliés soient indispensables (notamment celles du Canada et du Royaume-Uni), l’Union européenne devra être à l’initiative pour trouver les ressources nécessaires.

En tant qu’anciennes ministres de quatre pays du G7 (l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et le Canada), nous sommes convaincues que l’Union européenne (UE) doit soutenir l’Ukraine dans ce moment difficile. Une décision s’impose : l’UE doit devenir la dépositaire des 210 milliards d’euros d’avoirs russes qu’elle a gelés en 2022, avant de les utiliser pour aider Kyiv à se défendre.

La Commission européenne se penche en ce moment sur plusieurs options pour trouver les 70 milliards d’euros manquants afin de boucler le budget ukrainien en 2027. Toute solution viable recueillera notre soutien. Mais, quelle qu’elle soit, l’UE doit sans tarder, dès cette année, prendre en dépôt en son nom propre les avoirs de la Banque centrale de Russie, bloqués sur le sol européen au titre des sanctions internationales prises dans la foulée de l’invasion de l’Ukraine, en 2022.

Echec d’un « prêt de réparation »

Cette décision est nécessaire. En effet, les autres pistes à l’étude pourraient ne pas suffire à combler les besoins de financement de 2027, alors que le montant des avoirs gelés permettrait d’assurer à l’Ukraine son financement jusqu’en 2029. On éviterait ainsi le risque que les élections prévues en 2027 dans des Etats membres-clés de l’UE ne mettent un terme au soutien financier apporté à Kyiv. Ces avoirs permettraient même de financer la défense ukrainienne jusqu’à la prochaine élection présidentielle américaine [en novembre 2028], moment où Washington pourrait redevenir un soutien fiable.

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