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Mobilisations sociales : dans un contexte tendu, la commission d’enquête sur les violences du 17 octobre démarrera le 2 novembre, avec l’audition de Laurent Nuñez

· Politics

Après plus d’une semaine de tensions et de tergiversations, la commission d’enquête parlementaire à l’Assemblée nationale sur les violences des 17 et 18 octobre va enfin démarrer. Ses travaux commenceront « la semaine prochaine [celle du 2 novembre] », selon son président, le député (Renaissance) des Français établis hors de France Vincent Caure, contacté par Le Monde. Les députés entameront leurs travaux par une première audition très attendue : celle du ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, sous le feu des critiques pour sa gestion du maintien de l’ordre. Elle aura lieu mardi 3 ou mercredi 4 novembre.

L’idée d’une commission d’enquête emportait l’adhésion de tous les députés, du Rassemblement national (RN) jusqu’à ceux de La France insoumise (LFI). Le gouvernement, qui a reconnu des failles, s’y était résigné. « Si l’on fait une commission d’enquête, c’est que tout s’est mal passé », a résumé, le 20 octobre sur France Inter, la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, à l’initiative. Sa création a pourtant été très compliquée.

La désignation des rapporteurs a créé un premier tollé, qui risque de laisser des traces jusqu’à la publication des conclusions, promises pour la fin de l’année. L’élection de deux députés de gauche – Pouria Amirshahi (Les Ecologistes) et Roger Vicot (Parti socialiste, PS) – au poste de rapporteurs a provoqué la colère du groupe RN qui a décidé de boycotter les travaux.

Dans la foulée, l’une des trois co-rapporteurs, Agnès Firmin Le Bodo (Horizons), s’est mise en retrait. Elle dénonce un déséquilibre politique en raison de l’absence des députés RN. Selon plusieurs sources parlementaires, « un accord avait été trouvé par consensus entre les présidents de groupe » pour la désignation de trois rapporteurs représentant chacun un des trois blocs politiques de l’hémicycle, ce que la gauche dément aujourd’hui.

« Pas un tribunal politico-médiatique »

La pagaille a forcé Vincent Caure à repousser le début des auditions. La gauche, elle, a mis la pression en réclamant la tenue de la commission sine die, qu’importe l’absence du parti d’extrême droite ou le retrait d’Agnès Firmin Le Bodo. Les députés PS, écologistes et « insoumis » soupçonnent Horizons de vouloir « bordéliser » une commission qui mettrait en difficulté Laurent Nuñez, mais surtout le ministre de la justice, Gérald Darmanin. Ce dernier, qui pourrait être convoqué lors des auditions à venir, est l’un des soutiens du candidat d’Horizons à l’élection présidentielle, Edouard Philippe.

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