Dans les discours politiques, elle est partout. La souveraineté. Elle se décline : alimentaire, numérique, sanitaire… Comme le remarquait le premier ministre il y a peu, ce serait presque un consensus, dans cette précampagne présidentielle. « De Le Pen à Mélenchon, personne ne veut être dépendant de qui que ce soit. C’est objectivement un des rares points communs de toute la classe politique française », affirme Sébastien Lecornu.
Parmi les candidats, Edouard Philippe veut une « France libre », Bruno Retailleau se propose de « rendre » au pays sa souveraineté, Raphaël Glucksmann promet d’accomplir le « destin » de la France, celui de « locomotive de la puissance européenne souveraine et indépendante ». Marine Le Pen, pour avoir tempéré son discours souverainiste au tournant du Brexit, n’en continue pas moins de défendre « la souveraineté [qui] est aux nations ce que la liberté est aux individus ». Jean-Luc Mélenchon parle, lui, de la souveraineté du « peuple », et promet, s’il est élu, de la rendre « permanente » par des référendums citoyens et révocatoires.
Pour les responsables politiques, la souveraineté évoque tout à la fois la puissance, la liberté, la démocratie. C’est pourtant une notion précise. En droit, elle définit la qualité d’un Etat possédant l’exclusive maîtrise de son territoire et de sa population, et son indépendance vis-à-vis de puissances étrangères.
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