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Mort de Lyhanna : Yaël Braun-Pivet balaye de « mauvaises réponses » proposées par des cadres du gouvernement et de la droite

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La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a estimé dimanche qu’un durcissement de la politique pénale n’était pas la bonne réponse à l’émotion suscitée par la mort de Lyhanna, se disant opposée à nombre des propositions mises sur la table par les poids lourds du camp gouvernemental et de la droite.

« Vous voyez bien que la perpétuité réelle, l’imprescriptibilité ou le retour de la peine de mort, ce n’est pas ça qui va protéger nos enfants aujourd’hui », a souligné la députée Renaissance des Yvelines, invitée de l’émission Questions politiques de France Inter, franceinfo TV et Le Monde.

« Quand on veut (…) durcir la politique pénale à nouveau, on n’a pas compris quelle était la situation », a-t-elle affirmé, défendant plutôt une « approche globale » prenant en compte le « côté sanitaire », l’« éducation sexuelle », la « culture du viol » ou l’écoute des enfants.

Yaël Braun-Pivet défend ainsi le principe d’une « loi intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles et plaide pour une augmentation des moyens de la justice. « Quel est le cout pour la société de ces vies fracassées ? Ce n’est pas une question d‘argent c’est le devoir moral de la République ». Le drame Lyhanna est « un électrochoc qu’il faut transformer » pour qu’il y ait « une prise de conscience collective » des violences qui touchent les enfants et les adolescents, estime la présidente de l’Assemblée nationale.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a pour sa part proposé cette semaine de renforcer les peines pour les violeurs en série sur mineurs, jusqu’à la perpétuité au lieu de 20 ans. La mesure pourrait être ajoutée au projet de loi sur la protection de l’enfance qui doit être débattu en juillet à l’Assemblée.

Yaël Braun-Pivet s’est dite « très prudente » à ce sujet, invitant à ne pas « dénaturer ce texte ». « Prenons garde à ne pas (…) sacrifier une fois de plus les enfants qui sont confiés à l’aide sociale à l’enfance et qui ont tant besoin qu’on s’occupe d’eux au profit de dispositifs de politique pénale qui n’ont rien à faire dans ce texte-là », a critiqué l’ancienne avocate pénaliste.

La castration chimique, « une mauvaise réponse »

La ministre déléguée chargée de l’Egalité femmes-hommes Aurore Bergé souhaiterait de son côté inscrire l’imprescriptibilité des violences sexuelles commises sur les mineurs. Mme Braun-Pivet se dit une fois encore « très réservée, voire opposée » à cette imprescriptibilité, soulignant la difficulté de juger des faits 40 ou 50 après leur commission, alors que « les preuves ont disparu ».

« Très opposée » à la suppression du juge d’application des peines proposée dans le bloc central par Gabriel Attal et Edouard Philippe, elle estime aussi que la castration chimique suggérée par le président de LR Bruno Retailleau est « une mauvaise réponse », et que l’urgence est plutôt d’avancer sur « une meilleur prise en charge » des détenus.

Quant à la proposition d’Edouard Philippe de rétablir la possibilité pour le garde des Sceaux de donner des « instructions individuelles » dans les affaires judiciaires, supprimée en 2013, « excusez-moi, mais on marche sur la tête », a répondu la titulaire du perchoir, toujours favorable à une révision constitutionnelle pour instaurer l’indépendance du parquet. « Les magistrats doivent être indépendants. C’est une garantie de l’État de droit », a-t-elle souligné.

Sur l’appel à la démission lancé par le RN et LFI contre le Garde des Sceaux Gérald Darmanin, la présidente de l’Assemblée juge en revanche que « si on pense qu’en changeant de ministre de la Justice on aura réglé le problème, on se fout le doigt dans l’œil ».