Voice of Freedom Повна версія

Mouvement lycéen : face à une violence inédite dans plusieurs établissements, des proviseurs épuisés et sur le qui-vive

· Main news

La mobilisation lycéenne avait débuté comme partout ailleurs : quelques poubelles devant l’établissement, des blocages plus ou moins réussis, des lycéens qui manifestent. Trois jours relativement calmes, jusqu’au 1er octobre. A 6 h 30, quelques jeunes ont convergé vers ce lycée de 1 500 élèves du Loiret, poussant caddies et poubelles, alors que des messages ciblant l’établissement avaient circulé sur les réseaux sociaux.

« Puis, ça a commencé », se remémore la proviseure (elle n’a pas souhaité que son nom apparaisse). Des jeunes « déchaînés », la tête encapuchonnée et le visage masqué, ont frappé les vitres du hall, tiré des mortiers d’artifice. La police les a contenus avant de quitter les lieux. Le groupe est revenu, a fait tomber le frêle grillage qui entoure l’établissement et est entré dans l’enceinte du lycée. « J’étais dix mètres derrière, relate la cheffe d’établissement. Un gamin a foncé droit vers moi, m’a asséné des coups de poing à la poitrine et au foie qui m’ont coupé le souffle, et est immédiatement reparti. » A l’hôpital, on lui a prescrit deux jours d’incapacité totale de travail, qu’elle a refusés. Dès le lendemain, elle était de retour au lycée. « Je ne pouvais pas laisser mes équipes comme ça », a-t-elle estimé.

Plus d’une semaine après l’agression, la proviseure ignore toujours l’identité de son agresseur et s’il fait partie de ses élèves. Elle assure ne pas être traumatisée, mais l’amertume est palpable, alors que la situation reste instable après quelques jours de fermeture du lycée : « Ma fonction, normalement, est pédagogique. Ce qu’on nous demande de faire là ne relève pas de mes missions. »

Tirs de mortiers, vitres brisées, incendies, destructions, blessures… C’est l’autre réalité que vivent certains établissements depuis l’émergence du mouvement lycéen à la mi-septembre, qui entame, lundi 12 octobre, sa quatrième semaine. Si la majorité des établissements ne connaissent que des blocages et manifestations sans heurts ou restent en marge des mobilisations, d’autres ont été la cible et le théâtre de tensions parfois très violentes. Dans ces établissements, le personnel de direction parle moins de « mouvement » que de « crise », sort éreinté des trois semaines qui viennent de s’écouler, et aborde les derniers jours avant les vacances scolaires en apnée.

Il vous reste 73.01% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.