Méthane : l’UE en passe d’assouplir ses règles au nom de la sécurité énergétique
La crise énergétique peut-elle avoir raison des ambitions européennes sur le méthane ? Au centre des interrogations, un règlement phare de l’Union européenne (UE) visant à mieux contrôler les émissions de ce puissant gaz à effet de serre, principal composant du gaz naturel. Au nom de la sécurité d’approvisionnement, la Commission européenne prévoit d’assouplir les modalités d’application du texte pour les importations d’énergie fossile – soit plus de 90 % du gaz et du pétrole consommés en Europe.
Adoptée fin 2024, la législation européenne sur le méthane impose des règles strictes au secteur de l’énergie pour traquer les fuites, involontaires ou liées à des opérations de dégazage et de torchage (le fait de brûler le gaz émis lors de l’extraction pétrolière). La première obligation consiste à quantifier, à déclarer et à faire vérifier par des tiers les émissions à la source.
A compter de 2027, le texte impose aux importateurs de se conformer aux mêmes exigences de suivi pour le gaz et le pétrole produits à l’étranger, sous peine de sanctions. Un processus contraignant justifié par la lutte contre le changement climatique alors que le méthane a un pouvoir réchauffant 80 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone sur une période de vingt ans. L’enjeu est de pouvoir définir, d’ici à 2030, un plafonnement strict de l’intensité en méthane du gaz et du pétrole importés.
Il vous reste 73.86% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.