Na Hong-jin, réalisateur de « Hope » : « Je tenais à ce que les extraterrestres aient leur propre langage »
On peut dire qu’avec Hope, son quatrième long-métrage en vingt ans, Na Hong-jin, cinéaste furieux, obsédé par la propagation du mal, fait franchir au cinéma à grand spectacle un nouveau palier. Avec cette chasse au monstre dans une petite ville à la frontière des deux Corées, le cinéaste de 52 ans pousse l’action dans des retranchements inédits, et défie le blockbuster hollywoodien par son ampleur féroce. Rencontré lors du Festival de Cannes, en mai, après la présentation survoltée de son film, celui-ci délivre une parole matoise entre deux cigarettes rapidement écrasées. Regard perçant, silences contrôlés, répliques tranchantes, décochées quand on ne les attend plus… Tout chez lui déstabilise.
« Hope » est de loin votre film le plus coûteux et le plus spectaculaire. A quel moment avez-vous compris que cette histoire nécessitait une telle démesure ?
Dès l’écriture. Je dirais plutôt que c’est l’histoire elle-même qui était énorme. Dans The Strangers [son précédent film, un récit d’exorcisme, datant de 2016], je parlais de religion, de surnaturel. Je me suis demandé de quoi j’allais bien pouvoir traiter ici. Comme je cherche toujours des raisons à ce qui nous entoure, je me suis mis à adopter le point de vue de l’Univers.
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