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« “Ne me tuez pas”, criait-il à son commandant » : dans leurs lettres, les soldats russes confrontent Vladimir Poutine aux réalités du front

· War chronicles

Dans leurs lettres, envoyées du front, les soldats russes l’appellent « le petit ruban », « la petite ligne ». Paradoxal diminutif. Entre la Russie et l’Ukraine occupée, c’est plus qu’une frontière, longue et mouvante en plus de quatre années de guerre. Dans le langage des tranchées, depuis l’invasion du 24 février 2022, c’est devenu la limite entre un espace où les lois russes s’appliquent, et un autre où les usages de la guerre et de la corruption l’emportent, la loi du plus fort et l’impunité ne laissant plus aucun droit au soldat et à sa famille.

« Je suis revenu derrière la “ligne”. On essaie sans cesse de m’envoyer de l’autre côté. Je refuse. Ici, je travaille. Là-bas, je ne veux pas combattre. Je tiens bon. » C’est ainsi qu’un soldat décrit cet écart. Entre un « ici », sur le territoire russe où il est en permission, et un « là-bas », dans les régions ukrainiennes annexées et toujours en guerre, où il risque la mort et s’expose à l’arbitraire de ses commandants.

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