LA LISTE DE LA MATINALE
Cette semaine, nous vous proposons d’écouter cinq albums repérés par les critiques de la rubrique Musique du Monde. En matière de musique, les « vieux briscards » et les jeunes pousses font bon ménage.
« Train on the Island », l’étrangeté folk d’Aldous Harding
On se méfie de la bizarrerie trop consciente d’elle-même. Avec ses textes énigmatiques, une voix frôlant le maniérisme, les grimaces dont elle joue parfois dans ses clips, la Néo-Zélandaise Aldous Harding pourrait crisper. Elle fascine. Car son étrangeté et sa sensibilité borderline sont retranscrites dans des chansons dont la concision, la force émotionnelle et l’identité mélodique ne sont jamais sacrifiées à l’aune de l’égotisme. Ce cinquième album en est un magnifique exemple. Avec, pour la quatrième fois, la complicité de John Parish, l’acolyte préféré de P. J. Harvey, la chanteuse cultive un dépouillement radical – piano minimaliste, guitare perlée, rythmique délicatement hypnotique – pour y faire fleurir la fantaisie inquiétante ou joyeuse d’un onirisme à fleur de peau.
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