Culture

Sélection galerie : Ymane Chabi-Gara chez Mennour

Sélection galerie : Ymane Chabi-Gara chez Mennour

Les premières œuvres d’Ymane Chabi-Gara – née en 1986 à Paris – avaient pour sujet les hikikomori, adolescents et jeunes adultes japonais qui s’enferment volontairement chez eux. Les toiles étaient saturées de meubles et d’objets, jusqu’à engendrer l’angoisse. Celles qu’elle montre aujourd’hui ne suscitent pas moins le trouble. Ce sont des pièces, à nouveau, plus vastes. Lignes et angles droits les structurent. Il y a des fenêtres, mais closes. Le monde extérieur est toujours inaccessible et des anomalies perturbent la perspective et la représentation.

L’une des toiles montre un jeune homme allongé au sol dont la tête est absente et le corps réduit à ses vêtements. Au-dessus de lui, des sphères colorées suggèrent des lampes. Pour qu’il puisse être vu ainsi, il faut que le regard lui-même soit en suspension, flottant en l’air. Dans un autre des grands tableaux d’intérieur, des avions en origami volent ou sont tombés. Par leurs formes, ils évoquent les guerres d’aujourd’hui, mais leurs couleurs sont exquises. La contradiction est manifeste.

La notion d’inquiétante étrangeté, formulée par Freud en 1919, semble l’avoir été pour Ymane Chabi-Gara aujourd’hui. Tout paraît stable et rien de l’est. Les petites peintures qu’elle nomme « One Day Paintings » ne sont pas plus rassurantes, en dépit de leurs couleurs fraîches. De loin, elles sont tranquilles comme des Matisse. De près, ce ne sont que des surfaces fragiles et incertaines, des rideaux tendus devant le vide.

Il vous reste 8.7% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Vous avez peut-être manqué