LA LISTE DE LA MATINALE
Cette semaine, « Le Monde des livres » vous conseille la lecture de l’impressionnante biographie littéraire du grand écrivain portugais Fernando Pessoa (et de ses hétéronymes) ; de l’essai central à la pensée du philosophe Etienne Gilson (1884-1978), Le Thomisme, qui rend toute sa place à Thomas d’Aquin et à la scolastique dans l’histoire de la philosophie ; de Latéral gauche, essai engagé de l’historien du sport et journaliste Nicolas Kssis-Martov, qui montre un football résolument à gauche ; d’A Palmares, nouveau roman d’une rare autrice afro-américaine, Gayl Jones, qui retrace la vie d’une esclave dans le Brésil du XVIIe siècle ; enfin, de Cautère, de l’écrivaine espagnole Lucia Lijtmaer, roman qui mêle les parcours de trois femmes en quête d’émancipation.
ROMAN. « A Palmares », de Gayl Jones
C’est la grande Toni Morrison (1931-2019), du temps où elle était éditrice chez Random House, qui avait découvert et publié Gayl Jones, en 1975. Aujourd’hui, cette écrivaine américaine est de retour avec le subjuguant A Palmares, roman d’une jeune esclave noire, Almeyda, en quête de sens et de liberté au cœur du Brésil colonial, de ses violences, de ses silences et de ses légendes.
Qui est Almeyda ? Esclave, elle ne cesse d’échapper à ses propriétaires pour s’évader dans le passé – celui de ses ancêtres africains, que lui raconte sa grand-mère – ou imaginer l’avenir. Le sien, Almeyda le voit à Palmares, campement d’esclaves fugitifs situé dans la forêt d’Alagoas, sur le littoral brésilien.
Acclamé aux Etats-Unis, A Palmares marque le retour d’une autrice précieuse qui n’avait rien publié depuis vingt ans. Egalement poète et dramaturge, l’écrivaine parle six langues, est musicienne de jazz et de blues : autant de pratiques qui imprègnent les images, les dialogues et le rythme d’A Palmares, où, sur une mélodie tranquille, interrompue de nombreux silences, se détachent des lignes violentes, des moments d’accélération.
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