Le Discours de la servitude volontaire, d’Etienne de La Boétie, On ne badine pas avec l’amour, d’Alfred de Musset, ou encore La Peau de chagrin, d’Honoré de Balzac… Plus de 385 000 élèves de 1re de la voie générale et 145 000 candidats de la voie technologique planchent sur des œuvres du patrimoine littéraire francophone, jeudi 11 juin, lors de l’épreuve anticipée de français. Cette étape marque le début des épreuves terminales du baccalauréat et la fin des cours de français dans le tronc commun des enseignements.
Transmettre une culture littéraire et des compétences linguistiques tout en donnant le goût de la lecture aux élèves, telle est la gageure des professeurs de lettres. Un défi qui va croissant, tant la désaffection pour le livre s’accroît chez les adolescents. Un tiers des 16-19 ans ne lisent pas du tout pour leurs loisirs. Ce décrochage s’opère à partir de 13 ans, et conduit à un temps moyen de lecture de dix minutes par jour pour les garçons et de dix-neuf minutes pour les filles, selon la dernière enquête du Centre national du livre publiée en avril.
Comment donner envie de lire ? La question travaille les professeurs de lettres, d’autant plus à l’heure de l’intelligence artificielle et de ses dissertations clés en main. « Il y a un vrai enjeu social et sociétal à ce que l’école crée ou recrée du lien avec la littérature. Mais, au fur et à mesure des années, l’éducation nationale n’a fait qu’apporter des contraintes qui réduisent la liberté des enseignants et la possibilité pour les élèves de s’exprimer plus librement », affirme Isabelle Henry, présidente de l’Association française pour l’enseignement du français, qui réunit les professeurs de lettres.
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