Professeur de médecine émérite, Didier Sicard n’a cessé de réfléchir aux enjeux éthiques de la fin de vie. Fin 2012, il avait remis un rapport, « Penser solidairement la fin de vie », à François Hollande, alors président de la République, qui a inspiré la loi Claeys-Leonetti de 2016. A la tête du Comité national consultatif d’éthique de 1999 à 2008, dont il est aujourd’hui président d’honneur, il a rendu en 2000 un avis proposant un cadre juridique protecteur pour le médecin qui pratiquerait une euthanasie à la demande d’un malade.
L’ancien chef de service de médecine interne à l’hôpital Cochin décrypte avec sévérité et inquiétude les implications de la proposition de loi créant un droit à l’aide à mourir, adoptée définitivement le 15 juillet à l’Assemblée nationale. A ses yeux, ce texte repose sur une liberté « fictive » du malade, « bureaucratise » la demande d’une mort assistée et « déresponsabilise » les médecins. Surtout, déplore-t-il, il exonère la société de sa responsabilité d’accompagner les personnes vulnérables, âgées ou handicapées.
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