En mai 2025, dans une étude publiée avec Federico Varese et Cecilia Meneghini par le European Journal of Criminology, le chercheur Paolo Campana, professeur de criminologie à l’université de Cambridge, mettait en lumière la notion de « gouvernance criminelle ». Alors que se multiplient les assassinats dans des secteurs sous influence grandissante des réseaux de trafiquants, cette approche permet d’éclairer l’un des dangers majeurs liés au crime organisé : un transfert progressif de légitimité entre l’Etat et les gangs. Ce risque est insuffisamment pris en compte, selon le chercheur, alors que médias et pouvoirs publics continuent de se focaliser sur les épisodes de violence, notamment liés au trafic de stupéfiants.
Vous développez la notion de « gouvernance criminelle ». De quoi s’agit-il ?
Si je devais la définir à grands traits, je dirais qu’il s’agit de la capacité, pour certains groupes criminels, à établir et faire appliquer des règles alternatives au sein d’un territoire, à y exercer l’autorité et, dans certains cas, à se substituer aux fonctions de l’Etat. En d’autres termes, il s’agit de décider qui a le droit de faire quoi.
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