Le porte-conteneurs Harmony a accosté dans le port de Marseille au petit jour. En cette matinée de juillet, les douaniers phocéens ont décidé de jeter un œil à la cargaison, après un travail de criblage. « Il y a des caractéristiques qui font que ça clignote fort, par exemple, le combo cargo venu d’Equateur qui transporte des bananes, avec des incohérences logistiques, et qui stagne un peu sur une étape du parcours », explique Jérôme Salès, chef de la division portuaire des douanes de Marseille, gilet jaune sur les épaules, gilet pare-balles dessous. De l’Harmony, on saura seulement qu’il coche les cases « bananes » et « origine équatorienne » – Guayaquil en l’occurrence.
Suffisant pour attiser la méfiance des douaniers, qui, après une brève visite sur le navire, ont demandé à inspecter une vingtaine de conteneurs. Tous portent un pistolet Sig Sauer à la ceinture, mais misent surtout sur leur nouvelle arme, déployée un an plus tôt : une modeste camionnette blanche renfermant un scanner mobile, prêt à contrôler les grosses boîtes réfrigérées, sorties une à une des entrailles du navire.
Elles sont apportées par un docker au volant de son « cavalier » (chariot automoteur) dans une zone aménagée pour les douaniers, sur le terminal conteneurs de Mourepiane. Un peu plus haut, les grandes lettres blanches qui écrivent « Marseille », façon Hollywood, surplombent la scène depuis la colline de Grand Littoral, d’où l’on pourrait aisément surveiller, à la jumelle, ce qui se trame sur les quais.
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