Paris sportifs : le régulateur des jeux d’argent veut encadrer l’augmentation du nombre de publicités des opérateurs
A la télévision ou sur Internet, difficile d’échapper aux publicités pour les paris sportifs depuis le début de la Coupe du monde. Pour l’année 2026, les opérateurs ont augmenté leurs budgets publicitaires de 25 % en prévision du tournoi. Selon une étude Toluna-Harris Interactive commandée par l’Autorité nationale des jeux (ANJ), les mises engagées pendant la compétition pourraient atteindre 1,2 milliard d’euros en France, contre 900 millions en 2022. Chez les parieurs suivant le Mondial, 54 % ont moins de 35 ans.
Cet afflux de paris inquiète le régulateur, qui a infligé en mars 2025 une amende de 800 000 euros à Unibet pour avoir insuffisamment accompagné un joueur en situation de dépendance. Selon un algorithme développé par l’ANJ au second semestre 2025, environ 300 000 parieurs présentent « une forte probabilité d’avoir perdu le contrôle de leur pratique ». Afin de limiter les risques, l’instance propose désormais cet outil aux opérateurs, chargés par la loi d’identifier et d’accompagner les parieurs.
Pour Isabelle Falque-Pierrotin, présidente sortante de l’ANJ, la banalisation du jeu d’argent tient notamment à son omniprésence dans l’espace médiatique. « La publicité fait rêver et donne une image très positive du jeu d’argent, analyse-t-elle. C’est ce qui lui a permis de quitter une zone d’exception pour devenir un produit de consommation courante… Le modèle économique des opérateurs est construit sur les joueurs excessifs. »
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