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« Phoenix », sur Arte.tv : dans les ruines de Berlin, la naissance de l’oubli

· Culture

NETFLIX – À LA DEMANDE – FILM

NETFLIX – À LA DEMANDE – FILM

Les cendres dont renaît ce Phoenix ont recouvert le monde entier, à commencer par le pays où fut allumé le brasier. Nelly Lenz (Nina Hoss) revient à Berlin en 1945. Elle a échappé à la mort, ensevelie sous les cadavres, défigurée. Christian Petzold, qui signe ici son film le plus fiévreux, le plus bouleversant, la fait revenir dans un espace qui tient à la fois de l’histoire et du cinéma – du moment où l’Allemagne émerge du nazisme et de la période paroxystique des mélodrames hollywoodiens. A Berlin, Nelly demande au chirurgien qui reconstruit son visage de retrouver les traits détruits par une balle qui aurait dû la tuer. La médecine et la fiction lui rendent le visage de Nina Hoss, actrice intense et sobre, qui était, il y a dix ans, l’interprète d’élection de Christian Petzold.

Seule survivante d’une famille juive, Nelly se met en quête de son mari, Johnny (Ronald Zehrfeld), qui fut aussi son pianiste du temps où elle chantait dans les cabarets. Aux yeux du musicien, la jeune femme est à la fois étrangère et familière, Johnny lui demande d’incarner l’épouse qu’il croit morte et de l’aider à capter l’héritage de cette dernière. Il y a là la matière d’un mélodrame dont Christian Petzold extrait l’intensité. Le cinéaste ne renonce pas pour autant à la lucidité politique et historique qui habite toute sa filmographie.

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