Si vous aimez projeter de belles images silencieuses sur de grands écrans à l’impeccable définition lors de vos réceptions, Rosebush Pruning vous fournira le matériau idéal, à condition que vos invités ne soient pas choqués par les épisodes sanglants et/ou érotiques qui ponctuent le film de Karim Aïnouz. L’image de la cheffe opératrice Hélène Louvart exacerbe les couleurs et les textures jusqu’à donner envie de les caresser ; la physionomie de la plupart des acteurs – de Pamela Anderson, radieuse dans sa nouvelle incarnation de marraine du cinéma indépendant, à Lukas Gage, troublant à souhait – ne déparerait pas une revue de mode. Mais une fois établie la qualité décorative de Rosebush Pruning, on peine à trouver un sens à cette entreprise, quel que soit le talent des créateurs et des interprètes.
Dans les convulsions qui agitent une famille américaine assez fortunée pour avoir installé sa parfaite oisiveté dans une villa luxueuse, quelque part dans les montagnes qui dominent Barcelone, les cinéphiles reconnaîtront quelques éléments du scénario des Poings dans les poches (1966), qui assit la réputation de Marco Bellocchio il y a un demi-siècle. Comme dans le film du maître italien, un personnage est atteint d’épilepsie ; à la tête du clan, on trouve aussi une figure autocratique frappée de cécité.
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