En pleine canicule, dans le four des arènes de Nîmes, en cette fin d’après-midi du 14 juin, Benjamin Biolay et ses musiciens tentent de finaliser leurs balances sans défaillir. A la guitare, Pierre Jaconelli transpire comme ses camarades, pour permettre aux ingénieurs du son de trouver le bon équilibre. Avant un concert où, sous la température plus clémente du crépuscule, il interprétera avec panache des chansons qu’il a souvent en partie composées et réalisées.
Peu de gens, quand ils le croisent, reconnaissent ce sexagénaire aux larges épaules fleuries de tatouages. La plupart ont pourtant un jour entendu le son de la six cordes et des productions de cet homme de l’ombre. Que ce soit dans des albums de Benjamin Biolay (La Superbe, Grand Prix, Saint-Clair, Le Disque Bleu…), ou dans des tubes signés, par exemple, Pascal Obispo, Axel Bauer, Zazie, Florent Pagny ou Johnny Hallyday.
Si Pierre Jaconelli prend un évident plaisir à jouer live, comme dans ce concert donné dans le cadre du Festival de Nîmes, étape dans la tournée Biolay programmée jusqu’à décembre, la vie sur la route ne le met pas en joie. « Tous ces moments d’attente m’ennuient », admet-il. A la vie de bohème, il préfère l’intensité plus casanière du travail en studio. « Sur scène, Pierre peut être une rock star, s’amuse son complice Benjamin Biolay, mais son véritable élément, c’est le studio d’enregistrement. » Le guitariste précise : « Ce qui m’éclate, c’est de fabriquer des choses, pas de les reproduire. »
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