Pour leur bicentenaire, la France et le Mexique tentent de déminer les sujets de friction
Depuis septembre, le prestigieux Musée d’anthropologie de Mexico accueille un invité d’exception : le Codex Azcatitlan, prêté par la Bibliothèque nationale de France (BNF). Ce document mésoaméricain, écrit entre le XVIe et le XVIIe siècle, retrace le périple du peuple Mexica, de ses origines mythiques à la fondation de leur nouvelle capitale, Tenochtitlan, sur le site de Mexico, jusqu’aux premiers jours de la colonisation espagnole.
Sous la lumière tamisée, seules deux pages d’une fraîcheur éclatante s’offrent au regard, relayées au mur par des reproductions d’autres feuillets. En guide passionné et pédagogue, Baltazar Brito, l’intarissable directeur de la Bibliothèque nationale d’anthropologie et d’histoire, en décrypte chaque détail, chaque pictogramme.
A l’entrée de l’exposition (gratuite) organisée jusqu’à fin décembre, deux policiers armés veillent, rappelant la valeur inestimable du manuscrit. L’enjeu est immense. Temps fort du bicentenaire des relations diplomatiques franco-mexicaines, l’accrochage consacre l’entente retrouvée entre les deux nations. Et tente, au passage, de déminer l’épineux débat sur la restitution du document, réclamé par le Mexique.
Il vous reste 89.48% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.