Rémy Daillet reste en prison. Le chef du groupuscule complotiste d’ultradroite prônant le renversement du gouvernement, responsable du rapt d’une fillette de 8 ans en avril 2021, a été condamné jeudi 15 octobre à six ans de prison ferme.
Jugé coupable d’association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes de terrorisme ainsi que de complicité de soustraction et de séquestration de mineure, son nom est désormais inscrit au Fijait, le fichier judiciaire national automatisé des auteurs d’infractions terroristes, comme celui des huit autres membres de sa mouvance condamnés pour association de malfaiteurs terroristes dans cette affaire. Les six autres prévenus ont été jugés coupables d’enlèvement, séquestration de mineure ou complicité.
Cinq ans de prison dont trois avec sursis pour le « capitaine » de la région Ile-de-France, Sylvain P., qui s’était fait passer pour un éducateur des services sociaux pour enlever la petite Mia placée chez sa grand-mère ; cinq ans dont trois avec sursis pour le bras droit de Rémy Daillet, à la tête de la branche « civile », Adrien B. ; trois ans dont deux avec sursis et quatre ans dont trois avec sursis pour les chefs successifs de la branche « action », les deux anciens militaires Francis M. et Christophe M. ; deux ans de sursis pour l’ancien professeur de physique-chimie ayant partagé des recettes d’explosifs, Lionel F. ; deux ans de prison dont dix-huit mois avec sursis pour la mère de l’enfant enlevée, qui en avait perdu la garde, Lola Montemaggi… Hormis Rémy Daillet et un autre prévenu vivant aux Etats-Unis et absent au procès, Robert K., contre lequel deux ans ferme et un mandat d’arrêt ont été prononcés, tous voient le restant de leur peine aménagée sous bracelet électronique, avec pour certains des obligations de soins.
Rémy Daillet a « agrégé des personnalités fragiles que la crise sanitaire a encore fragilisées », a tenu à préciser le président de la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris, Christophe Valente, suivant en grande partie les réquisitions du Parquet national antiterroriste. L’enquête, comme les trois semaines d’audience du 15 septembre au 9 octobre, a en effet permis de se plonger dans la vie des 15 prévenus.
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