Le procès de Rohan Rane, un étudiant indien établi dans les Alpes-Maritimes qui contraignait, avec d’autres jeunes hommes, des adolescentes à se scarifier ou à s’adonner à des tortures sexuelles auto-infligées sur un groupe baptisé « CVLT » (secte, en anglais) qu’il administrait sur la messagerie Discord, s’est ouvert à huis clos, lundi 5 octobre à Paris. Alexandre Ledrait, professeur de psychopathologie clinique et de psychocriminologie, analyse l’émergence de ce phénomène venu des Etats-Unis – qualifié par le FBI d’« extrémisme violent nihiliste » – à travers son expérience d’expert judiciaire, qui l’a amené à étudier une cinquantaine de profils de terroristes d’inspiration djihadiste, d’ultradroite, masculiniste, « incel » ou nihiliste.
Le dossier de Rohan Rane révèle la fascination de certains jeunes hommes pour l’ultraviolence, justifiée au nom de références confuses au nazisme, au fascisme ou encore au masculinisme. Que dit ce procès de l’évolution des radicalités ?
Il s’agit du premier procès en France fléché du côté de la violence nihiliste, qui est une notion encore peu connue de la population. En tant qu’expert judiciaire, on a un aperçu extrêmement fin des modifications des radicalités et de la société : il y a dix ou quinze ans, on recevait des dossiers essentiellement djihadistes, dans lesquels l’idéologie était, entre guillemets, pure, sans emprunt à d’autres idéologies radicales.
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