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Présidentielle 2027 : LFI promet 106 milliards d’euros de recettes supplémentaires dans son programme budgétaire

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Jean-Luc Mélenchon a présenté, mercredi 14 octobre, son « budget rectificatif » en cas de victoire à la présidentielle en 2027, qui comporte une estimation de 106,4 milliards d’euros de recettes supplémentaires et 81,7 milliards d’euros de dépenses nouvelles.

La France insoumise (LFI) souhaite « remettre de l’ordre dans les comptes publics », et opérer une rupture franche avec le système économique et financier actuel en se tournant vers une politique de la demande, notamment par une relance de la consommation, a expliqué le dirigeant « insoumis » en conférence de presse.

« Dans les pires circonstances, M. Macron maintient la politique de l’offre, a regretté Jean-Luc Mélenchon. Si vous nous jugez d’après les critères du néolibéralisme, nos projets sont inacceptables. » Il cible notamment la « dictature de l’actionnariat ».

A ses côtés, le président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, le député Eric Coquerel, a présenté les détails de ce programme budgétaire : « Non seulement nous injectons plus de 81 milliards d’euros dans les carnets de commandes, dans l’économie, dans le pouvoir d’achat, mais du fait que les recettes soient supplémentaires, nous faisons 25 milliards de réduction du déficit. Nous faisons donc mieux que le gouvernement. »

Suppression de la réforme des retraites

Souvent critiqués par le gouvernement et la droite sur la crédibilité de leurs propositions, les élus « insoumis » ont tenu à présenter un visage relativement consensuel. Eric Coquerel a plusieurs fois rappelé le caractère « raisonnable » des propositions, et Jean-Luc Mélenchon a défendu « une démarche de rationalité économique », et non de dogmatisme.

LFI propose un « ISF climatique », espérant faire entrer « 10 milliards d’euros » dans les caisses, mais aussi « la suppression de la flat tax » – qui dégagerait 9 milliards – et la très médiatisée « taxe Zucman », qui se déclencherait pour les ménages ayant un patrimoine supérieur à 100 millions d’euros, pour des recettes de 15 milliards d’euros.

LFI propose, par ailleurs, de faire grimper la taxe sur les Gafam à 15 %, d’instaurer une taxe sur les héritages à 20 milliards d’euros, mais aussi d’aller chercher « 22 milliards » en « rabotant » plusieurs niches fiscales (comme le pacte Dutreil ou le crédit d’impôt recherche).

Les dépenses supplémentaires proviendraient, elles, notamment de la suppression de la réforme des retraites d’Elisabeth Borne, une des principales promesses de LFI. Un retour à la retraite à 62 ans, donc (avant une retraite promise à 60 ans sur la suite du mandat présidentiel), dont le coût est estimé à 9 milliards d’euros.

25 milliards d’euros attribués à la diminution de la dette

Pour répondre à la colère des lycéens, les « insoumis » entendent également créer une « garantie d’autonomie » pour les jeunes, de 1 337 euros par mois (9,5 milliards d’euros sur l’année), mettre en place la cantine gratuite (3,6 milliards d’euros) et créer 10 000 postes d’enseignants (500 millions d’euros). Le budget des hôpitaux sera également augmenté de 3 milliards d’euros, notamment pour créer 10 000 postes de personnels soignants.

« Dans ce budget il y aura 25 milliards attribués à la diminution de la dette », a également annoncé Jean-Luc Mélenchon, qui avait provoqué une polémique pendant l’été en proposant de geler la partie de la dette française détenue par la Banque centrale européenne. « Nous sommes dans l’épure » d’un rapport d’économistes rendu à Bercy qui appelait à au moins « 125 milliards d’euros » d’effort sur le prochain quinquennat, a-t-il fait valoir.

L’exercice avait pour but de donner à voir à quoi ressemblerait, pour les « insoumis », une première année au pouvoir. La France insoumise doit présenter au mois de novembre son programme présidentiel complet. Son chiffrage arrivera plus tard, en début d’année 2027.