Le premier ministre, Sébastien Lecornu, tiendra la semaine prochaine une conférence de presse sur les ingérences étrangères aux élections, qui sera précédée d’une réunion des forces politiques et parlementaires concernées, a annoncé son entourage vendredi 5 juin.
Le premier ministre entend « faire état des ingérences électorales identifiées lors des dernières élections municipales et identifier les risques d’ingérences (…) pour les prochaines élections », en l’occurrence la présidentielle de 2027. Il réunira auparavant les présidents des groupes parlementaires, les chefs de partis et les présidents des commissions des lois, de la défense et des affaires étrangères à l’Assemblée nationale et au Sénat.
Avec à ses côtés les ministres Laurent Nuñez (intérieur), Catherine Vautrin (armées) et Jean-Noël Barrot (affaires étrangères), les patrons de la Direction générale de la sécurité intérieure, de la Direction générale de la sécurité extérieure et du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale, et des représentants de Viginum, service de lutte contre les manipulations en ligne.
Un projet de loi dans les tuyaux
Le gouvernement français a été confronté récemment à plusieurs affaires d’ingérences potentielles. Le parquet de Paris a ouvert fin mai une enquête sur la possible ingérence d’une entreprise israélienne aux dépens de candidats insoumis aux élections municipales, Sébastien Delogu à Marseille, François Piquemal à Toulouse et David Guiraud à Roubaix.
Viginum avait alerté sur une « campagne malveillante, impliquant un acteur localisé à l’étranger, [qui] est de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ». Le ministre de l’intérieur avait promis qu’un rapport attendu sur les ingérences étrangères aux municipales serait rendu « public », sans donner de date.
Un projet de loi, annoncé en avril par Emmanuel Macron, est également dans les tuyaux. Le président a notamment ciblé la Russie qui « achète massivement en période électorale des millions de faux comptes » sur les réseaux sociaux. Dans ce contexte, la présence, sur plusieurs médias dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, d’une chroniqueuse russe Xenia Fedorova, qui défend régulièrement les positions du Kremlin et a vu son titre de séjour renouvelé en France en 2024, a suscité récemment de nombreuses réactions.
Emmanuel Macron a dit jeudi qu’elle était déjà au service de la « propagande d’Etat » russe en 2017 et que « les choses n’avaient pas changé » depuis. Au sujet de son titre de séjour, Laurent Nunez a assuré qu’il n’y avait eu aucune « intervention » du gouvernement pour le prolonger. Et que son obtention ne la dispensait pas « d’éventuelles poursuites ou remises en cause dès lors qu’il y a des troubles à l’ordre public ou qu’il y a une menace pour les intérêts fondamentaux de la nation ».