Voice of Freedom Повна версія

Rencontres de la photo à Arles : notre sélection de huit expositions

· Culture

LA LISTE DE LA MATINALE

Des animaux mignons ou féroces, des photos d’ovnis, une traversée photographique du Ghana, les regards singuliers de Martine Barrat ou William Klein… Voici huit propositions qui nous ont touchés, intéressés, interpellés, parmi les 36 proposées à Arles. Des expositions à voir à travers toute la ville, dans des églises ou des musées, et à visiter pour certaines le matin, en cas de grosse chaleur.

Martine Barrat, une photographe en lutte

Martine Barrat, 93 ans, c’est un destin incroyable. Mais c’est surtout un œil d’une infinie tendresse, porté sur toutes les marges de la société, du Bronx à Barbès. Installée à New York depuis 1968, la photographe française fait enfin l’objet d’une rétrospective, la première en France depuis celle que lui a consacrée la MEP, en 2008. Le parcours s’ouvre sur sa série la plus célèbre : « Do or Die », les portraits de tout jeunes boxeurs qu’elle a suivis pendant des années, à la fin de la décennie 1970, dans leur club du South Bronx. Elle est tout autant attachée à Harlem, dont elle saisit le quotidien, les figures, les bambins, les dernières heures des clubs de jazz, fermés pour cause de gentrification. Sur les gamins de la Goutte-d’Or, elle pose le même œil attendri, au début des années 1980. Plusieurs de ses vidéos émaillent les salles, déployant un point de vue intime sur les gangs du Bronx autant que sur Yves Saint Laurent, son ami d’enfance. Portrait d’une femme constamment en lutte, et en amour pour ceux qu’elle croise, cette exposition est le point d’acmé des Rencontres d’Arles, à n’en pas douter.

Il vous reste 84.13% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.